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MEDITATION SUR L’ILLUSION : METHODE PENETRANTE
LE RÔLE SIGNIFICATIF DU MAÎTRE
Abreviation : l’I (H,M)=ILLUSION
La vision pénétrante (vipassana en pâli, vipaasyâna en sanskrit) est la mise en jeu
de la dimension de l’esprit, une vision lucide, transcendante, non duelle, de ce
qui est comme C’EST. Son but ultime est de renoncer au SOI, à la dualité, au
phénomène, à la permanence, au bien ou au mal, au vrai ou au faux, de vive le
juste milieu, non égoïste, ni possessif, non limité, équanime, tout-embrassante,
vide de point de vue particulier, parfaitement dans l’intuition transparente.
L’I(H,M) est souvent le « sujet noble », une vérité transcendante que les
pratiquants utilisent pour entrer dans la vision pénétrante. Car le transfert
sur la personne du maître spirituel se fait de la même manière qu’un patient
projetterait sur son thérapeute les attitudes envers ses parents. Tout ce
que la psychanalyse nous apprend des tendances inconscientes peut être pris
en compte. On constate aussi qu’une part du travail du maître spirituel
recouvre dans les faits la tâche du thérapeute, puisque tous les disciples
ne sont pas ce qu’ils devraient être : des adultes mûrs. Une fois suffisamment
déblayées les attentes infantiles, les disciples commencent la relation vraie,
et oh combien illusoire avec le maître. Ce qui relève encore de la thérapeutique
n’est qu’ouvrage préliminaire et peut même constituer un obstacle définitif… au
moins pour cette vie qui est… illusoire.
SIGNIFICATION D’ ILLUSION (HUYEN, MAYA)
1- L’I (H,M) est l’illusion, la duplicité, l’ irréalité, une apparence
trompeuse, un mirage, la magie. elle change son apparence tout le temps
et jamais elle n’arrête sa magie car elle n’a rien à l’intérieur. Elle
est comparée souvent à la bulle précaire sur laquelle un enfant souffle.
Elle n’est qu’une image illusoire de l’univers, la nature illusoire du
monde phénoménal, la manœuvre inconcevable des magiciens. C’est pourquoi,
la nature est considérée comme l’I (H,M).
2- L’I (H,M) signifie que tous les phénomènes, les choses dans le monde
phénoménal sont irréels c’est à dire n’ont pas de base réelle, que tout
le monde les pense comme des réalités. Elles sont temporaires, floues,
instantanées et dépendent entièrement de l’altération constante de
l’univers. Dans la réalité, les phénomènes ressemblent à des hallucinations,
des fantômes et nous ne pouvons jamais les garder comme l’eau qui coule à
travers la main. Pourtant, nous croyons que nous pouvons les garder, que
nous sommes leurs propriétaires, car notre ignorance voile tout. Donc,
l’ignorance signifie l’I (H,M).
3- I(H,M) s’oppose à la réalité car elle est une sorte d’énergie qui
n’existe jamais dans la réalité, elle n’est pas réelle mais elle est
REELLE car chaque fois nous trouvons un phénomène, une chose, un fait,
il y a l’existence de I (H,M). C’est pourquoi, l’ I (H,M) est la base
de tous les phénomènes du monde phénoménal qui comprennent toutes les
lois du corps et celles de l’esprit ou toutes les lois composées (phap huu vi)
(la loi agir). Certes, l’I (H,M) existe comme le monde phénoménal existe, mais
son existence n’est qu’un leurre. Et quand elle existe, elle exprime deux
pouvoirs : le pouvoir de dissimulation et le pouvoir de projection. Quand
elle excelle dans le pouvoir de dissimulation, elle voile l’équanime et la
nature originale de Brahman et d’ Atman (le Créature et le Soi). L’I (H,M)
cache l’état absolu de Brahman comme le sommeil voile l’esprit d’éveil.
Quand l’I (H,M) excelle le pouvoir de projection, il crée l’univers et
le monde phénoménal. Ce monde est désigné sous deux aspects : l’esprit
et les matières.
4- Tous les phénomènes, les lois du monde phénoménal n’existent pas réellement,
ils n’existent que dans les fausses pensées, comme les rêves, comme les bulles
que souffle un enfant, comme l’éclair, comme la rosée, comme la bise ou comme
les nuages. L’apparence et l’image du monde phénoménal changent en permanence,
et l’esprit ignorant les considère comme des réalités absolues.
5- Les lois composées sont considérées comme des rêves, comme illusion. Bouddha,
Nirvana, l’esprit d’éveil (Bodhi , sanscrit) et l’ignorance sont aussi des rêves,
de l’illusion. Mais l’illusion est la créature de l’esprit d’éveil. Tous les gens
ignorants considèrent que tous les phénomènes du monde phénoménal sont réels,
permanents et éternels. C’est pourquoi, I (H,M) est l’acteur principal de 4
tromperies : l’impermanence est considérée comme permanence, le non soi comme
le soi, le malheur comme le bonheur, la mobilité comme l’immobilité.
6- L’I(H,M) est non fondement, mais elle est la base irréelle du monde phénoménal,
elle est impermanente et nous ne pouvons jamais être satisfaits dans le monde
phénoménal. Au contraire, I (H,M) est le facteur voire le mobile principal qui
nous aide- si nous réussissons notre méditation- à atteindre l’Esprit d’éveil.
C’est pourquoi, dans le concept de méditation, I (H,M) et l’Esprit d’éveil sont
la même chose. L’I(H,M) est le pouvoir de Brahman. LI(H,M) ne peut pas se séparer
de Brahman, ne peut pas se distinguer de Brahman, mais l’I(H,M) ne peut
pas s’identifier avec Brahman, et elle ne peut pas se différencier de Brahman non plus.
7- Dans le jargon de la méditation, quand le pratiquant s’aperçoit que toutes les
lois sont I (H,M), il atteint l’expérience d’éveil ou de prise de conscience.
Quand le pratiquant reconnaît la signification de I (H,M) son esprit se métamorphose,
il n’est plus ignorant devant toutes les lois matérielles du monde phénoménal.
Tous les soucis et les malheurs disparaissent.
8- L’I(H,M) est donc réelle mais elle semble non réelle. Dans le monde phénoménal
I (H,M) est vue comme une réalité. La logique du monde phénoménal ne peut pas
la voir dans cette position, mais l’intuition d’éveil nous aide à la reconnaître
Car la logique du monde phénoménal s’appuie sur la raison et le rationnel.
L’intuition d’éveil s’appuie sur l’esprit « tathà ». C’est une connaissance
transcendantale, les pratiquants de méditation l’appelle au-delà de la logique.
9- La nature de l’I(H,M) est leurre. Toutes les lois phénoménales sont des illusions.
Toutes les vérités conventionnelles sont considérées comme l’I (H,M). On vit dans
l’illusion mais l’esprit croit que le monde phénoménal est réel. Sortir de l’illusion
pour trouver tout de suite les vérités ultimes. Dans ce cas, malgré l’I (H,M)
qui entoure notre vie, notre esprit n’ est pas troublé par l’I (H,M) du monde
phénoménal. Entre l’être humain et la nature, il n’y a pas la dualité, l’un ne
peut pas être dominé ou contrôlé par l’autre. Le but ultime de l’homme est de
réussir les changements psychiques et l’ouverture spirituelle, de sortir de la
causalité complexe et circulaire. La corde qui lie l’être humain à cette causalité
infernale est l’I (H,M) ou l’Ignorance. L’I(H,M) est utilisée pour indiquer
l’opposition à l’absolu essentiel, immuable, symbolisé par le « dharmakaya
» ‘(phap than).
10- L’I(H,M) est égale à la vacuité. Car dans l’I (H,M), il n’ y a rien mais
quand on atteint la vacuité, on a l’expérience de l’existence de l’ illusion
qui est différente, totale avec l’état de non existence. Le méditant ne recherche
jamais l’état de non existence.
11- En résumé, la nature des lois du monde phénoménal est basée sur la nature de
l’ I (H,M). Par exemple, la peinture, les marionnettes sont des objets fabriqués
d’artifice, ils n’ont pas une nature réelle. Les lois matérielles, les lois de
l’esprit sont nées et elles vont mourir. On les appelle les lois composées. Et
tous les phénomènes du monde phénoménal sont de l’ I (H,M). Quand on ne reconnaît
pas cela, on vit toujours dans l’I (H,M) et on est toujours dans l’ignorance du Non Soi.
12- La vie de l’être humain se compose d’ambitions, de rêves, et de peurs et ses
sociales dominent quotidiennement son esprit. Et les forces de l’extérieur, des
autres interviennent toujours dans sa vie, détruisent ses rêves, ses résultats.
L’être humain peut sortir de ses influences contraignantes, de ses forces obligées
nuisibles grâce à la méditation et trouver l’esprit d’éveil pour sortir de ses rêves
et commencer à entendre les paroles de son « buffle blanc » qu’il symbolise.
La méditation de ce sujet correspond assez bien au conditionnement d’évitement en
psychiatrie, où l’on cherche par un stimulus générateur d’aversion à inhiber un
comportement jugé pathologique. Toute une série de ces visions a pour but de combattre
l’attachement éternel et naïf de l’homme à la sensualité de son corps et de ses
plaisirs. IL s’agit d’apprendre une vision soutenue par des observations une
réflexion intellectuelle à une contemplation, soit d’objets externes, soit
d’images internes visualisés à la base de l’I (H,M) bien sûr.
La méditation d I (H,M) est toujours accompagnée d’études et de réflexions.
Elle s’associe à des méthodes qu’on pourrait appeler cognitives, affectives
et comportementales.
L’orientation spirituelle du psychisme méditatif de l’ Illusion (H,M)
Le pratiquant doit expérimenter la solitude dans un face-à-face avec lui-même.
Tout y concourt : les consignes techniques, la neutralité de l’environnement,
la réduction des afférences sensorielles, l’immobilité corporelle, le silence
(ou l’absence) du groupe. Le maître spirituel, plus ou moins là, est un exemple
et un soutien, mais surtout un relais de l’influence spirituelle
La matière première de la vision pénétrante sur le sujet de l’I(H,M) est
l’activité mentale incessante mue par les désirs, les répulsions et l’ignorance
(peut-on qualifier la triade infernale ?), classiquement comparés à l’agitation
bruyante d’une bande de singes ou d’un troupeau de buffles noirs.
Dans le défilé ininterrompu des désirs, des projets, des souvenirs agréables
ou traumatiques, des discours compensateurs, des autocritiques qui se présentent,
le méditant examine tout, ne retient rien, n’approuve ni ne condamne, et s’abandonne
enfin. Tout ce qui parvient à la conscience est contemplé et laissé à son sort
qui est de disparaître. S’il fallait résumer l’attitude mentale souhaitable pour
ce travail, on pourrait s’adapter à la méthode Jung et dire : laisser advenir,
considérer, se confronter avec.
Le processus de libération de l’I (H,M) réside dans cette séquence :
- Laisser advenir la production mentale, ce qui suppose un minimum de confiance
en soi, dans le maître et la méthode ;
- maintenir l’attention sur le phénomène d’I (H,M) sans l’entretenir, ce qui
suppose un minimum d’humeur équanime et de lucidité attentive ;
- abandonner le phénomène d’I (H,M) et retourner à l’objet habituel d’attention,
à la sensation corporelle, ce qui suppose un minimum de détachement
et d’autonomie de la conscience.
En fin de compte, le méditant reconnaîtrait que rien n’est plus intéressant
que « ICI ET MAINTENANT ».
La méditation d’I (H,M) dans une atmosphère sereine, calme assure des micro-décharges
émotionnelles, qui finiront par réaliser des abréactions efficaces. La décharge
des affects, du potentiel énergétique des samkaras fait partie du travail
indispensable de la voie spirituelle et thérapeutique. Mais le but est bien
de se débarrasser de la totalité des samkaras.
La succession des prises de conscience intégrante, tâche malaisée, mais pas impossible,
comme dit Freud réorganise la mémoire et les fonctions cognitives. Cette pratique
confrontait le sujet avec les vestiges narcissiques et son Moi idéal, dans le but
de s’en débarrasser. La base de la pratique est la vision pénétrante, intuitive,
non duelle, de la véritable nature du soi, du monde et de la relation qui les unit.
C’est l’application d’une attention pure, non égoïque, non possessive, non limitée,
équanime, tout embarrassante, vide de point de vue particulier, parfaitement transparente,
et à la fin transcendante. Seule une telle attention peut envisager le jeu de
contradictions complémentaires, sans s’y enfermer, en abandonnant les appropriations
de l’ego. Ce sont les caractéristiques de l’esprit d’éveil : lumineux, vide, ouvert
à tous les possibles.
C’est le rideau de l’’I (H,M) ou le disque d’or de l’’I (H,M) voile son esprit,
le tient dans ses rêves. Pour se réveiller, il faut tirer le rideau de l’I (H,M)
ou casser le disque d’or de l’I (H,M). Quand le méditant se réveille, il reconnaît
que dans sa vie quotidienne, il a oublié le vrai Soi et qu’il marchait sur
la fausse route.
Quand on reconnaît l’I (H,M), on sort du monisme matérialiste (implicite ou explicite),
du dualisme âme-corps, et de l’idéalisme angélique.
Pour arriver au Non Soi, le pratiquant reconnaît d’abord que le monde phénoménal est
pluriel et hiérarchique selon trois principaux niveaux d’existence :
1- Le monde de la matière ou de la forme grossière.
2- Le monde du mental ou de la forme subtile.
3- Enfin, le monde de l’esprit informel.
Ces trois mondes sont intégrés dans la vacuité, voire le C’EST qui transcende toute
détermination –spatiale, temporelle, logique, conceptuelle- et désigne par des termes
divers positifs –Brahman, Atman, Tathata, négatifs –le non-dualité, le Nirvana,et
l’illusion . En raison de l’ultime impuissance du langage devant l’absolu, seule
l’Illusion est réelle et peut satisfaire l’aspiration de l’être éveillé.
Donc, le C’EST est Non Né et Non Mort, le C’EST est l’Illusion et la Duplicité.
CONSIGNES PRATIQUES
Etape préliminaire :
Finir le vagabondage mental en surveillant le va et vient du souffle et écoutant
le son du bol chantant tapé par le maître.
Quand la respiration est lente et légère ,on entend le son s’éloigne, loin…loin…
On arrive à :
La première étape :
On écoute le son. On sait tout de suite que c’est le son du bol chantant tapé par
le maître, mais on ne se dit pas dans sa tête que c’est le son du bol chantant,
qu’ il est grave ou aigu, qu’i il est fort ou léger… Dans le jargon de la méditation,
on entend le son tel qu’il est, sans lui mettre d’étiquette, sans lui donner
de préférence ou de commentaires. On sait, on entend et on ne murmure aucune parole.
Quand la respiration n’est que l a respiration, que le son n’est que le son,
qu’il n’y a aucun commentaire, aucune préférence, aucune interruption par les
perturbations de l’extérieur, dans le jargon de la méditation, on dit que le
méditant réussit l’étape « savoir sans (prononcer) la parole » (biet khong loi),
alors on passe :
La deuxième étape :
En suivant la respiration que l’on ne suit pas, le cerveau n’entend que le son.
Le méditant alors ne pense plus que le son est le son du bol chantant et, si un
autre bruit, ou si un autre son intervient, il l’entend, mais le son reste
le son. Le cerveau ne commente jamais les différences des sons, n’affiche
aucune étiquette sur les sons, Il entend les sons, il sait que ce sont des
sons, un point c’est tout.
Quand il réussit cet exercice, le méditant connaît une sensation de bien être
et de joie. Dans le jargon de la méditation, il réussit l’étape « prise de
conscience de l’intérieur » (tham nhan biet). C’est la méditation de la primauté.
Le méditant, avec l’aide de l’éthique, de la dévotion, de l’étude et de la
sagesse transcendante, doit mener lui-même à la perfection de son oeuvre.
Cette évolution, qui permet de dépasser l’attachement et l’identification
au moi empirique, est comparée à une thérapeutique, celle de la maladie
ordinaire, universelle. Le symptôme majeur de cette folie c’est de s’identifier,
de façon limitative, à notre individualité psycho-corporelle. Inversement,
la mode spirituelle orientale est de médire de ce moi, à la lumière de son
caractère ultimement illusoire (anattâ en pâli, anâtman en sanscrit). Le méditant
petit à petit reconnaît le caractère évolutif nécessaire du moi. Il connaît
son illusion d’être quelqu’un, maintenant il est personne. Le dépassement
progressif des identifications supprime d’abord les illusions du moi, mais
en laissant subsister les fonctions psychiques nécessaires, jusqu’au jour
où l’état sans ego s’est définitivement installé, mode radicalement nouveau de l’être libéré.
La fin de la deuxième phase de la méditation est l’instance coordinatrice
et intégrante de l’organisme humain, selon la loi hiérarchique de subordination
fonctionnelle doit gouverner le système nerveux, est aussi conçue comme une
conscience pure, dégagée du psychisme et de l’ego. Cette conscience peut
déjà, au niveau du fonctionnement quotidien, être le témoin neutre, encore
limité, mais potentiellement universel, de l’Eveil ultime. Il doit bien
être ainsi, sinon « il n’y aurait aucune évasion possible pour ce qui est
né, devenu, conditionné, composé ».
Le méditant reconnaît que toute aliénation qu’elle soit de niveau psychiatrique
ou ordinaire, se ramène à un enfermement dans un jeu dualiste de désir et
de répulsion, verrouillé par l’ignorance, jeu où se constitue et se maintient
l’ego qui affirme : je suis ceci que j’aime, je ne suis pas ceci que je
n’aime pas. Pour sortir de ce piège manichéen, doit intervenir une
conscience équanime et lucide, qui permet la désidentification de
l’ego et la vision claire des relations qui l’avaient constituée en
entité illusoire. Dans la mesure où elle agit, peut s’intégrer un
composé humain complet, doté d’esprit, et se désintégrer le composé
temporaire qui se prenait pour quelqu’un. Donc, on a besoin de
perséverance et de patience.
Et il faut reconnaître toute la nature de l’I (H,M). Et ici, le rôle
du maître est d’éveiller à la nature ultime de l’esprit, par son exemple,
son enseignement théorique, et surtout par cette communication silencieuse
où s’écoule l’influence spirituelle. La relation maître-disciple revêt
ici un caractère initiatique abhisheka, sans lequel il n’est pas possible
de suivre la voie jusqu’à son terme. Par elle, se réalise l’éternel
dans l’instant et l’immobile dans le flux.
Troisième étape : prendre en conscience parfaite d l’I (H,M)
Pour extirper complètement et définitivement les imprégnations inconscientes,
il est nécessaire de remonter jusqu’aux souvenirs de vies antérieures. Cela
permet de déraciner les dernières fixations psychiques. Ce succès dépend
d’une compréhension vraie de la transmigration, dans son exposé traditionnel
oriental.
Dans cette étape, avec l’esprit supra-individuel et informel, dans le
cerveau vide de l’idée où la vacuité règne, le méditant jette le mot
« l’I (H,M) ». Tout de suite, il comprend toutes les définitions, les sens,
les images, les symboles, les bienfaits et les méfaits d’ l’I (H,M),
l’illusion de perception, du nom et de la forme.
Quatrième étape : prendre en conscience parfaite et en même temps connaître
la vraie nature de l’I (H,M) naturellement, le méditant fait l’expérience
de la respiration automatique contrôlée par le système nerveux autonome,
son souffle est si léger, si lent, que l’on a l’impression qu’il ne respire
plus. Il atteint la dimension globale, unique de l’esprit. Il a une vision
lucide, transcendante, non duelle. Quand un problème lié à la concept
de l’I (H,M) se pose, tout de suite son esprit donne immédiatement une réponse juste.
Voici quelques sujets académiques :
1- Les formes n’ont pas de substantialité en soi. Les formes n’ont pas
de soi, leurs existences dépendent de l’espace et des autres formes.
Dans ce concept, les matières et l’espace, le son et le silence, l’existence
et la non existence, la face, la surface et la base, tous sont liés et
inséparables. Ils dépendent l’un de l’autre et naissent en même temps.
C’est la causalité des conditions : celui-ci est une partie de celui là :
celui-ci existe, celui là existe, celui-ci est né, celui là est né,
celui-ci n’existe pas, celui là n’existe pas, celui-ci est mort, celui
là est mort.
2- Les caractères intrinsèques du monde phénoménal. Tous les phénomènes
n’existent pas réellement. Ils n’existent pas, dans le sens illusoire comme
dans les rêves où les faits réels existent mais ils n’existent pas.een
effet, toutes les formes ne se créent elles- mêmes car elles sont fabriquées
par la création de l’homme ou sont nées de la naissance des autres. Dans
le rêve, on voit des paysages, des scènes… dès qu’on se réveille, on ne voit
plus rien. C’est comme une personne dans son sommeil, qui rêve qu’elle se
transforme en papillon. Quand elle se réveille, elle se demande qui est
de l’homme ou du papillon. Où est le rêve, où est la réalité ?
3- Il n’y a pas d’origine. Le monde phénoménal est non-origine. Personne ne
connaît son début. C’est pourquoi, il est qualifié de non commencement.
4- Le monde phénoménal est ni faux ni vrai. Tous les phénomènes ont une
existence illusoire. Aucun phénomène n’est réel. Regardons un phénomène,
il semblerait vrai, réel mais en réalité absolue, il est totalement illusoire
et fantômatique. .Quand on voit les vagues de lumière, on pense à l’eau, on
voit la corde, on pense à un serpent.
5- Les paysages ne sont que des mirages. Dans le monde phénoménal, tous les
subjectives et les objectives ne sont que illusoires. Les objectifs de nos
sens, les matières de notre corps, notre perception, notre raisonnement, les
ères, le temps ne sont que fantasmatiques. Les matières, elles-mêmes, n’ont
pas une existence réelle. Les couleurs, les sons, tous les objets sont vus
par nos yeux, entendus par nos oreilles, reconnus par nos sens, ainsi que
l’espace, les directions. Tous les phénomènes sont fallacieux.
6- Faux et néant. Le monde phénoménal et tous ses phénomènes, toutes ses
formes sont des mirages, une non existence absolue, un non réel. Donc, ils
sont trompeurs. Personne ne sait trouver ce qu’est la plus petite unité de
la matière ? C’est pourquoi on dit qu’ils sont faux, que la réalité est néant,
ou qu’ils font semblant mais d’ exister.
7- Totalement faux. Aucun phénomène, aucun paysage, aucune scène n’existent
réellement. Ils sont totalement faux. Comme un magicien ou son assistant,
au carrefour d’un chemin, il crée un groupe de personnes puis les fait disparaître.
Es-ce qu’il y a des hommes tués, des hommes morts ou des hommes disparus.
8- Les formes sont comparées à des bulles d’eau. Les sensations sont des bulles..
La formation mentale est un bananier dont le tronc a beaucoup de couches.
La conscience est une magie. Aucune n’est permanente, éternelle, non détériorée,
constante, durable pour toujours.
9- Il n’y a aucune forme, aucune sensation, aucune perception, aucune formation
mentale, aucune conscience qui soit permanentes, éternelles, constantes, durables,
inchangeables.
10- La vie mentale ou la vie psychique qui se compose de forme, sensation,
perception, formation mentale, conscience sont tous temporaires. Elles existent
mais ne sont pas dans l’état solide, elles sont non-soi, c est à dire elles
n’ont pas de vrai nature. Elles sont impermanentes et changent à chaque
instant. Et toutes les choses impermanentes mènent au conflit et à la fin
c’est le malheur. Le germe du malheur commence par l’attitude : « Ceci est le mien »,
« Ceci est moi », « Ceci est mon soi ».
11- Voici quelques dialogues classiques entre le Maître et le méditant :
-La forme est permanente ou impermanente ?
-la forme est impermanente
-Une chose impermanente mène-t-elle au malheur ou à la joie ?
- Au malheur
-Donc est- il logique de réclamer que ceci est le mien, ceci est moi,
ceci est mon soi quand ceci est impermanent, il est alors en conflit et se détériore ?
-Non
-La sensation…la perception…la formation mentale…la conscience sont-elles
permanentes ou impermanentes ?
-Elles sont impermanentes.
-Donc est- il logique, pour réclamer que ceci est le mien, ceci est moi,
ceci est mon soi quand ceci est impermanent, il est alors en conflit et se détériore ?
-Non
-On ne revient pas à cette attitude. Sinon, on tombe dans les préjugés ou et
on reste dans l’engrenage du cercle naissance…mort et…renaissance. r quand
on accepte la forme, la sensation, la perception, la formation mentale, la
conscience, on tombe dans l’ignorance. Chaque fois que la sensation existe,
l’esprit touche l’ignorance, on rentre dans le monde des préjugés et on se
vante : « Je suis… »et ainsi de suite. Car, après avoir dit : « Je suis …moi »,
on va dire : « Ceci est le mien », et puis « je serai… », … « je ne serai pas… »,
puis « j’existe avec les formes », « j’existe avec les sans-formes, « j’existe
avec la perception », « j’existe avec la non-perception », « j’existe avec la
non non perception ».
Le sage n’est jamais ignorant, sa connaissance transcendante règne, jamais
il a d’idée à priori, jamais il dit : « je suis… »,jamais il dit : « ceci est
le mien ». Donc, il n’est pas attaché par les cordes de formes, il n’est lié
à aucune corde de l’extérieur comme de l’intérieur. Il touche à l’autre bord
de l’océan et se libère totalement de tous les malheurs.
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Voici un autre dialogue académique :
Le Maître dit : comme un magicien entrain d’exceller son génie, il fait apparaître
une troupe de personnes dans un carrefour. Quand cette troupe vient d’être
aperçue, tout de suite elle disparaît. Mon disciple, qu’est-ce que tu penses ?
Est-il vrai que cette troupe vient réellement d’un lieu quelconque qu’on
a su ?est -elle de vraie réalité ? Est- elle vraiment passée à quelque
part ?Est -elle disparue ?
-Non, Maître.
Le Maître dit :
-Les sages sont ainsi. Ils mènent beaucoup beaucoup de gens au nirvana,
en réalité aucun gens n’atteint nirvana. Quelqu’un entend cela et n’a aucun
peur, c’est lui qui est le vrai sage.
Les disciples demandent :
-Tous les gens sont de l’I(H,M) ou ne sont pas de l’I (H,M) ?
Le Maître :
-Tous les gens sont de l’I(H,M), sont des rêves. Pourquoi ? Car entre les
gens et l’I(H,M) ou les rêves, il n’y a rien de différences, ils ne sont
pas contraires. Tous les sages sont de l’I(H,M), sont des rêves.
Les disciples :
-Ainsi, nirvana est aussi de l’I(H,M) comme le rêve.
Le Maître :
-C’est vrai. Nirvana est aussi de l’I(H,M) comme le rêve, comme toutes
les autres formes !
Les disciples :
-Pourquoi ?
Le Maître :
-Même si vous affirmez que il y a des lois au dessus de nirvana, je
vous dis aussi qu’elles ne sont pas au dessus de l’I(H,M), de rêves
car entre eux, il y a rien de différences, rien de contraires
Le Maître :
-Vous pensez que l’I(H,M) est différente avec les formes et les formes
sont différentes avec l’I (H,M) ou non ?Ainsi, pensez- vous que l’I(H,M)
est différente avec la sensation, la perception, la formation mentale et
la conscience et que la sensation, la perception, la formation mentale et
la conscience sont différentes de l’I (H,M) ou non ?
Le disciple :
-Non, elles ne sont pas différentes. Si les formes sont différentes avec
l’I(H,M) elles ne sont pas les formes. Si l’I(H,M) est différente avec les
formes, elle n’est pas l’I(H,M). L’I’H,M) est les formes, les formes sont
l’I (H,M). Sont ainsi la sensation, la perception, la formation mentale
et la conscience.
Le Maître :
-Pensez-vous que les cinq composants de l’esprit forment l’esprit de sage ?
Le disciple :
-Non
Le Maître :
-Les cinq composants sont l’I (H,M). Pourquoi ? Car les formes sont l’I(H,M)
et la sensation, la perception, la formation mentale et la conscience sont
l’I(H,M) et ces cinq composants forment l’esprit de sage. Ainsi, le sage
est l’I(H,M). C’est pourquoi, ceux qui veulent apprendre l’esprit d’éveil,
il faut apprendre l’I(H,M). Bien sûr, les méditants qui commencent à
apprendre pourront avoir peur et cherchent une fausse route s’ils ne
sont pas bien guidés.
En résumé, méditant sur l’I(H,M) est une méthode réaliste qui aide les
pratiquants à modifier l’esprit, abandonner leur point de vue erroné sur
le corps, sur l’esprit, sur les gens, sur les paysages, sur les choses
et enfin ils trouvent l’esprit tranquille, sereine en vue d’atteindre
la réalisation et la libération ultime.
L’I(H,M) n’est pas abandonnée ou oubliée car la prise de conscience
est
la même pour l’I(H,M) et la même pour la vacuité. Cette prise de
conscience mène à la libération et la réalisation ultime.
Le but de la méditation sur l’I(H,M) est de changer le point de vue
des pratiquants sur les gens sur le monde phénoménal grâce à la
recherche du non soi. L’arme absolue des pratiquants est de déclarer
solennellement que tous sont de l’I(H,M). Tous les phénomènes sont
vides, ils n’ont aucun caractère réel. Même nirvana, il est aussi
de l’I (H,M), comme le rêve.
(VOICI L’ULTIME PARTIE DERNIEREMENT AJOUTEE BESOIN DE CORRECTION)
Quelques fois, dans l’ultime phase de la méditation, en jetant l’œil
éveillé sur son karma, le pratiquant voit que dans son passé –qui le
suit sans cesse- il avait commis beaucoup de fautes graves, même des
crimes abominables, par exemple contre ses parents. Et son esprit n’est
pas libéré car les doutes reviennent en force.
Il jette sa désinvolture sur le Maître.
Le Maître dit :
- Depuis longtemps, vous constatez qu’il n’y a plus d’antagonistes :
le Moi et les autres. Maintenant, votre esprit distingue : le Moi d’un
part et les autres d’autre part. Quand cette idée duelle se réveille,
tous les résultats de votre travail de la méditation sont anéantis.
- Votre vie n’est qu’un rêve. Dans le rêve il n’y a pas la distinction
entre le Moi et les autres. Comment faites-vous des crimes ?
- Réussissez la méditation pénétrante quand vous discernez autre ment.
Par exemple vous trouverez l’esprit éveillé quand vous reconnaissez que
le bonheur qui provient des sentiments de confort et de bien être n’est
que impermanente, voire illusoire.
- Le monde phénoménal d’effectivité, ou de crimes, hyper nationalisé
et dépersonnifiant est fait que beaucoup humains ne parviennent pas du
tout à distinguer où est le rêve, où est l’esprit éveillé. Si les humais
parlent bien d’un certain bonheur, d’une certaine satisfaction, ce
bonheur est en fait dépourvue de la joie réelle et de contentement
d’un jouir véritable car ils sont superficiels, impermanents et oh
comble, illusoire. On peut voir autour de soi comment les êtres humains
qui – ils disent- ont obtenu à peu près tout ce qu’ils pouvaient
souhaiter dans le domaine matériel et corporel, se trouvent insatisfaits,
mécontents, malheureux dans leur vie. Le désir d’un bonheur et d’un
plaisir dans le monde phénoménal est devenu toujours insatiable. On
pourchasse toutes sortes de plaisirs, toutes sortes de bonheurs, prêt
à commettre toutes sortes de crimes, sans arriver à ce point de
l’équanime où l’I (H,M) est finalement constatée. Dans son incapacité
croissante à l’esprit éveillé et son manque de prendre en conscience
l’ignorance, les Humains cherchent inlassablement de bonheur illusoire.
Ils sont victimes du monde phénoménal dans lequel ils vivent : le monde
de l’effectivité. L’épanouissement de tromperie, l’illusion de bonheur,
l’incapacité de sortir de la vision duelle trouvent leur origine dans
l’ignorance humaine : l’individu, n’étant plus en état de discerner
son esprit libre, vide, ouvert, ne peut pas renoncer les idées préconçues,
à priori pour prendre en conscience le non-soi. Le style de vie superficiel,
naif, ignorant ,style qui est la marque du monde phénoménal, est celui
de l’humain non confirmé, qui n’a jamais appris à assumer son esprit
libre, vide, ouvert, mais qui se laisse porter par une pulsion
d’auto-affirmation qui souligne son ego, son essentialisation
de soi. Le fait qu’il est souvent malheureux, sans contacts
profonds, ni relations stables se trouve gravé dans son ignorance.
Les contacts affectifs éveillés lui sont impossibles. Sa vie étant
faite de rencontres fugaces, sans véritable rencontre d’âme et dès
qu’il se trouve seul, c’est l’ennui, la tristesse, l’égarement qui
prend le caractère d’une solitude désespérée. Le passé, le présent,
le futur sont tous voilés. Il n’y a pas de sérénité de vivre, pas
de perspective pleine d’attente d’une vue juste. Le sentiment naturel
qui lui annonce ce qui est bon pour lui a périclité ou bien s’est
atrophié. A la place, on trouve souvent une argumentation logique,
une ratiocination de ce qui est bien : le sentiment est assujetti
à l’intellect –objet de l’œil de raison.
- Oubliez l’œil de raison, oubliez le discernement entre le Moi
et les autres, regardez l’I (H,M) en face, adaptez la réalité du
monde phénoménal au rêve sont des conditions sina que none pour
réussir la traversée de l’océan en vue d’atteindre l’esprit l
ibre, vide et ouvert.
- Ainsi, quand vous vous installez bien dans la méditation de
pénétrante de l’I (H,M) vous trouverez tous dans ce monde phénoménal :
l’Amour, la Jouissance, la Richesse, l’Argent, la Force, le Pouvoir.
Tout ce que vous aimez, tout ce que vous désirez, tout ce que vous
souhaitez, vous aurez. Car, vous êtes comme un magicien, vous créez des illusions
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